Éditorial

  • Emmanuel Didier

Résumé

Cher Lecteur,
Ce numéro de Statistique et société est le premier de l’année 2019 et il est aussi le premier d’une toute nouvelle formule.
En effet, Statistique et société a été conçu en 2013 comme une revue qui se donnait comme objectif de diffuser des réflexions sur les sources, les rôles, les effets et les usages de la statistique dans et par la société. Nous avions décidé que les textes seraient courts, traitant d’objets assez proches de l’actualité et d’une grande variété de styles couvrant tout le spectre allant du journalisme à l’article scientifique en passant par les prises de position intempestives. Cette variété de ton a été une grande richesse pour trouver nos marques, baliser notre territoire et entrer en contact avec des auteurs aux multiples statuts (praticiens de la statistique, administrateurs, chercheurs, étudiants, etc.). Pourtant, cette variété a parfois laissé dubitatif certains de nos interlocuteurs qui ne comprenaient pas exactement de quel type d’objet Statistique et société relevait. C’est pourquoi aujourd’hui, si nous avons toujours le même centre d’intérêt, à savoir les relations entre la statistique et la société, nous pensons qu’il est temps de clarifier la nature et le style de la revue. Nous avons résolument décidé de devenir une revue avec comité de lecture. Nous tenons beaucoup à conserver la liberté de ton et de style qui a fait notre richesse passée, mais les articles proposés seront dorénavant évalués par des pairs.
Cette clarification du projet de Statistique et société est aussi l’occasion d’accueillir plus régulièrement dans nos pages des articles traitant de l’enseignement de la statistique, dans la ligne de la revue Statistique et enseignement avec laquelle nous fusionnons.
Cette règle a été appliquée dans ce numéro. La genèse de ce dossier mérite d’être racontée. Il se trouve qu’en 2018 nous avons été invités, Isabelle Bruno, politiste au CERAPS à l’Université de Lille 2, Grégory Salle, sociologue au CLERSÉ, Université de Lille 1 et moi-même, à présenter nos travaux dans plusieurs universités de Sao Paulo et de Rio. Nous avons eu la très heureuse surprise de découvrir un groupe nombreux, vivant et de pointe (comme on en jugera) qui travaillait déjà, de son côté, et sans que nous n’en sachions rien, sur le rôle et les effets de la statistique et de ses usages dans la société brésilienne. Il nous a semblé de la plus haute importance de présenter ces travaux au lectorat francophone. Je tiens à remercier très chaleureusement Isabelle Bruno et Grégory Salle qui se sont immédiatement proposés pour participer au travail d’édition des textes une fois qu’ils auraient été acceptés. Parions que ces articles ne manqueront pas de susciter le vif intérêt des lecteurs.
Pour finir sur ce sujet, j’invite le lecteur à lire attentivement l’entretien avec Motta et Hirata sur le recensement au Brésil. Ils nous alertent sur le fait que nos amis statisticiens brésiliens subissent des attaques du pouvoir politique.
Enfin, Jean-Jacques Droesbeke nous livre une « note de consultation » du site de Bernard Ycart sur l’histoire des mathématiques.
Bonne lecture.
Emmanuel Didier

Publiée
2019-07-24