La mobilité inter-entreprises des migrants de Tunisie en région parisienne dans les Trente Glorieuses. Quelques outils statistiques au service d’une démarche historienne

Anne-Sophie Bruno

Résumé


Les travailleurs migrants font souvent figure de main-d’oeuvre particulièrement instable sur le marché du travail, phénomène qui fait l’objet d’interprétations contradictoires. En analysant des données de carrière de travailleurs migrants qui ont quitté la Tunisie pour s’installer en région parisienne entre les années 1950 et les années 1970, l’article cherche à démêler la part des différents facteurs qui favorisent les changements d’employeur. La mise en oeuvre de modèles de Cox multiniveaux tend à montrer que la mobilité inter-entreprises est moins liée aux caractéristiques individuelles des travailleurs qu’à l’existence de modes de gestions particuliers de la main-d’oeuvre selon les secteurs et les segments de marché du travail. Le suivi longitudinal des carrières permet de déceler une trajectoire d’intégration, qui se traduit par un déclin de la mobilité des migrants : à mesure qu’ils avancent en âge et qu’ils acquièrent une meilleure connaissance du marché du travail, les migrants mettent ainsi en place des stratégies d’évitement des segments les plus précaires et les plus instables.

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SFdS / SMF - Journal de la Société Française de Statistique - ISSN 2102-6238