En 2002, le Président de la République Jacques Chirac avait fait de la sécurité routière une priorité nationale. Le monde de la recherche et de la quantification avait été largement mobilisé et de nombreuses publications avaient suivi. Mais cette priorité avait été remplacée par d’autres priorités et la sécurité routière a reculé dans les préoccupations de tous. Presque 15 ans plus tard, il est temps aujourd’hui de refaire un état des lieux. Le dossier que nous vous présentons ici montre à quel point les façons d’appréhender la sécurité routière sont aujourd’hui diverses, y compris et fondamentalement, dans les méthodes quantitatives utilisées pour établir les faits et dans les façons de les utiliser. Chaque auteur pointe vers certaines caractéristiques qui leur sont propres. Christian Machu défend l’accidentologie, jeune discipline dont les méthodes se focalisent sur les caractéristiques de l’accident lui-même ; Bernard Laumon insiste sur l’apport des méthodes épidémiologiques pour mieux comprendre l’insécurité ; enfin Jean Orselli se distingue en insistant sur le rôle de la sanction policière. Ces trois auteurs utilisent des sources d’information distinctes et poussent des projets de réformes différents. Une preuve supplémentaire que plusieurs méthodes statistiques, tout en restant parfaitement objectives, prennent plus ou moins consistance avec différents projets politiques.

Publiée: 2016-05-11